Recherche sur les acquisitions massives de terres en Afrique de l’Ouest

Jour 3 : En guise de conclusion

lundi 18 février 2013, par Rose-Anne St-Paul

14 février 2013, Abidjan

Après avoir fait le plan de la journée, les discussions de la journée ont mis en exergue les complexités de la recherche, au niveau de la méthodologie et des choix de définitions conceptuelles.

La communication : un aspect crucial

Un échange captivant sur la communication a eu lieu entre Idrissa Diabaté, professeur de cinéma à l’université de Côte d’Ivoire et Joan Baxter, journaliste canadienne indépendante. Ils nous ont entretenus sur l’importance de vulgariser la recherche afin de la rendre accessible à tous, et surtout aux principaux concernés. L’importance d’une vulgarisation n’est pas uniquement nécessaire à la crédibilité de la recherche auprès des paysans, mais à la sensibilisation des communautés qui seront affectées à l’avenir.

Mme Baxter a d’ailleurs nommé les points importants qui permettent de rendre communicable au grand public une recherche scientifique. Aujourd’hui, étant donné qu’il y a beaucoup plus de média, il est plus compliqué de capter l’attention lorsque notre message est noyé par la quantité d’information disponible :

  • Pourquoi est-ce qu’il faut communiquer ? Pour être capable de dire dans une phrase ce qu’on fait à une personne qui n’a pas spécialiste de sujet
  • Qu’est-ce qu’il faut communiquer ? C’est le message qui change de forme selon l’audience les scientifiques, d’autres personnes éduquées qui ont leur langage à eux (pas de jargon), les journalistes (être court et clair, laisser tomber les acronymes). En gros laisser tomber les gros mots.
  • À qui ? Il faut faire une liste des gens qui doivent entendre le message (décideurs, paysans, collègues dans la société civile, journalistes, grand public mondial)
  • Quand est-ce qu’il faut communiquer ? Lorsqu’on a quelque chose à dire, lorsqu’il y a des résultats. Après un événement dans l’actualité qui est en lien avec le sujet de recherche (et alors sortir un communiqué de presse par exemple)
  • Comment est-ce qu’il faut communiquer ? En engageant une personne de moins de trente ans qui maîtrise les nouvelles technologies d’information, comme les réseaux sociaux, et en ayant le réflexe d’enregistrer et de filmer un événement au moment où il se passe. On peut utiliser la radio pour faire entendre des entrevues audio.

En résumé, il ne faut donc pas utiliser de jargon, ni trop de chiffres. Il faut mettre de l’avant des anecdotes avec un côté humain, et être présent sur les réseaux sociaux (Facebook). Enfin, il faut absolument engager une personne responsable des communications dans chaque groupe de recherche.

L’ensemble des participants à l’atelier ont abondé dans le sens de M. Diabaté et Mme Baxter. Des exemples intéressants qui ont lieu au Mali et en Guinée Bissau ont été cités, notamment sur l’usage de la radio pour rejoindre les communautés rurales.

Poursuite des recherches sur le terrain

Nous avons su officiellement quels pays ont été choisis pour la poursuite de l’étude : Guinée, Guinée Bissau, Côte d’Ivoire. En réalité, l’ensemble des neuf pays souhaite s’engager dans cette recherche, même si tous de recevrons pas les frais alloués dans le cadre de ce projet.

À l’issu de cette journée, une définition du concept d’acquisition massive a été établi :

Définition d’acquisition contemporaine des terres massive dans le cadre de l’étude d’impact

Nous considérons une acquisition massive de terres comme étant une transaction foncière (vente, location, don, etc.) réalisée dans la période allant de l’an 2000 à nos jours. Cette acquisition est réalisée par des acteurs internationaux ou nationaux (États, firmes internationales et nationales, fonds d’investissements, individus, opérateurs économiques et politiques, etc.). L’acquisition est dite massive si elle est significative dans le contexte local. Les terres acquises doivent être utilisées à des fins agricoles, de culture agro-énergétique, d’exploitation minière, d’infrastructures touristiques et/ou de spéculation.

L’on définit comme significative une acquisition massive en termes de superficie importante (taille d’une transaction ou superficie par agrégation), de territoires stratégiques et/ou d’une superficie disproportionnée comparativement à la taille des propriétés foncières dans une région donnée.

Une troisième et dernière journée de restitution des inventaires fructueuse donc, et qui s’est terminé par la préparation de la conférence de presse de demain.