Recherche sur les acquisitions massives de terres en Afrique de l’Ouest

Acquisition massive des terres en Afrique de l’ouest : « Entre la politique d’ouverture des gouvernants, la ruée des élites nationales et l’attitude favorisante des populations locales »

mardi 1er avril 2014, par Achi Marcelle

La phase inventaire de l’« Étude participative sur les acquisitions massives de terres agricoles en Afrique de l’Ouest et leur impact sur l’agriculture familiale et la sécurité alimentaire des populations locales », réalisée par la COPAGEN en partenariat avec le CRDI, Inter Pares et le REDTAC dans 9 pays d’Afrique de l’ouest montre que le phénomène d’acquisition massive des terres est avéré dans chacun des pays concernés par l’étude.

C’est un phénomène qui prend de l’ampleur à une vitesse exponentielle à cause non seulement de la politique d’ouverture prônée par les gouvernants de ces pays facilitant les investissements agricoles mais aussi la ruée des élites nationales vers les terres arables.

S’il est vrai que la presse internationale, nationale et les activistes dans la lutte contre ce phénomène, ont longtemps indexé les investisseurs publics et privés (pays, firmes internationales et nationales, les élites nationales), force est de constater qu’aujourd’hui, l’accroissement du phénomène trouve en partie des explications dans l’attitude des populations locales qui sont des propriétaires terriens.

La synthèse des rapports de l’étude présente globalement les résultats de l’enquête dans les 9 pays.

La recherche réalisée dans les neufs pays de l’Afrique de l’ouest a permis de mettre en lumière plusieurs cas dont le total des acquisitions est estimé à 7 765 261,53 hectares de terres, sur 121 413 000 ha des terres arables ou agricoles des neufs pays selon la FAO [1]. Le total des terres acquises représente 6.4% de terres arables ou agricoles des neuf pays concernés.

Si la vitesse d’acquisition reste maintenue, l’Afrique de l’ouest perdra tout son patrimoine forestier ou ses terres arables et mettra ainsi à mal toutes ses chances de sécurité alimentaire déjà en difficulté avec la sous valorisation de l’agriculture familiale, pilier de sa souveraineté alimentaire.

Lire la synthèse des rapports de l’étude